MOINS DE DÉPLACEMENTS

Chaque inconvénient a son avantage. La Covid-19 entraîne un changement radical au niveau des déplacements entre le domicile et le travail. Après la crise du coronavirus, les entreprises et les travailleurs voudront continuer à réduire les déplacements. La mise en œuvre de projets qui existaient déjà depuis un certain temps est accélérée. Une nouvelle vision de l'importance du lieu de travail joue un rôle crucial à cet égard.

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D'abord une nouvelle organisation du travail, puis une mobilité adaptée

Pour de nombreux profils, il n'est pas nécessaire de se rendre au bureau tous les jours ouvrables. « Il revient aux équipes de décider ensemble où elles travaillent », dit Kris Legroe. « Ce n'est donc pas le supérieur hiérarchique, ni le travailleur individuel qui décide seul. » « Un système uniforme pour tout le monde n'est plus à l'ordre du jour », estime Edith Jonkers. « Nous évoluons vers un cadre d'accords dans lequel la personnalisation devient possible. » Ainsi, Telenet prévoit que les collaborateurs passent 40 % de leur temps de travail au bureau. Cette proportion est évaluée sur un trimestre, et non sur une semaine. Chez Arvesta, une moyenne de 60 % de travail à domicile semble réaliste à l'avenir, selon Perihan Silay. « Nous n'allons toutefois pas compter et cocher le nombre de jours. »

Une plus grande satisfaction

Pour Edith Jonkers, il n'est pas question de revenir à la situation antérieure. Chez Infrabel aussi, de plus en plus de supérieurs hiérarchiques et de collaborateurs découvrent les avantages et les défis du travail sans lieu fixe. « Une enquête interne a mis en avant l'autonomie et la confiance comme avantages majeurs. Trois quarts de mes collègues pensent que le télétravail est bénéfique pour la satisfaction professionnelle. La circulation des informations, la charge de travail, la limite entre la vie professionnelle et la vie privée ainsi que l'esprit d'équipe sont des points auxquels il faut s'atteler. »

Le travail hybride semble avoir des effets positifs sur le bien-être. « Depuis que les collaborateurs de notre call center travaillent à domicile, l'absentéisme a diminué », explique Kris Legroe. S'il est correctement appliqué, le travail hybride peut également permettre un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. « La mobilité y joue un rôle important », fait observer Tim Blanckaert. Cela n'échappe pas non plus aux nouveaux candidats. « Le travail hybride a un impact positif sur le recrutement local. »

Nouveau rôle pour les supérieurs hiérarchiques

Le travail hybride implique un nouveau rôle pour les supérieurs hiérarchiques. « Aujourd'hui, diriger consiste encore plus à coacher », fait remarquer Perihan Silay. « À présent, les supérieurs accordent beaucoup plus d'attention aux résultats qu'aux activités mêmes. Comment suivre le résultat avec vos collaborateurs, comme diriger une équipe ? Il s'agit de prêter une oreille attentive et de s'enquérir du bien-être des collaborateurs. » Il appartient également aux supérieurs de mener à bien les accords conclus par les équipes. Kris Legroe donne un exemple : « Une équipe décide-t-elle de se réunir au bureau ? Dans ce cas, le manager peut, par exemple, organiser des entretiens individuels le reste de la journée. Les réunions virtuelles pourront tout aussi bien avoir lieu un autre jour. »

Appel à la cohésion sociale

Si les collaborateurs se voient (beaucoup) moins au bureau, la culture et la cohésion risquent d'en faire les frais, ce qui a des répercussions, entre autres, sur l'intégration de nouveaux collaborateurs. Kris Legroe s'attend donc à ce qu'après le coronavirus, l'onboarding ait lieu à nouveau au bureau.

Perihan Silay fait observer qu'il est également possible de stimuler à distance le contact entre les collègues. « Un "good morning call" a lieu tous les matins au sein de notre équipe. En réalité, je rencontre mes collègues plus souvent qu'avant. Le défi consiste toutefois à stimuler ces contacts entre les équipes. » En effet, il y a une demande évidente de cohésion sociale, qui augmente à mesure que la crise du coronavirus perdure.

Travail à domicile de qualité

Aujourd'hui, l'accessibilité aisée avec les transports en commun et des moyens de transport « verts » entrent davantage en ligne de compte pour le choix de l'emplacement de bureaux. Le travail basé sur l'activité constitue de plus en plus un point de départ pour l'aménagement d'un bureau. Des espaces sont aménagés pour les activités pour lesquelles le bureau est l'endroit approprié. « Nous envisageons également des business centers ou des espaces de coworking », explique Tim Blanckaert. « Ils pourront servir de hubs pour des contacts avec les clients et les fournisseurs. » Pour fournir un travail à domicile de qualité, les collaborateurs doivent être bien équipés : une connexion Internet stable, l'accès au matériel et aux logiciels nécessaires, un lieu de travail ergonomique et tranquille. Les entreprises y contribuent, entre autres, par le biais d'avantages flexibles, de réductions et d'achats groupés. De toute évidence, la transition vers une organisation de travail hybride et centrée sur l'humain bat son plein. C'est la première étape. Par la suite, les entreprises pourront suivre le mouvement avec les solutions de mobilité appropriées, selon Tim Blanckaert. Ses interlocuteurs partagent entièrement cet avis.

L'heure est venue !

La manière dont nous organisons le travail et la mobilité se trouve à un moment charnière. Il est temps pour les organisations de replacer l'employé au centre de la nouvelle norme et de donner une place de choix au travail hybride.

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