TRAVAIL HYBRIDE (partie 1)

L'Employeur Pionnier vise une politique centrée sur l'humain. Une méthode de travail hybride en est un élément crucial et s'est infiltrée un peu partout dans la culture d'entreprise ces dernières années. Le coronavirus a véritablement accéléré le mouvement. Lors d'une table ronde – virtuelle vu les circonstances –, sept Employeurs Pionniers ont partagé leur vision du travail sans horaire ni lieu fixes.

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« Une conversation virtuelle ne pourra jamais remplacer le contact physique »

Fluvius, Novartis, SD Worx, House of HR, AXA, la Province de Flandre-Occidentale et Mars ne manquent pas de projets d'avenir et d'enthousiasme. Tous partagent les mêmes préoccupations. Le travail hybride a connu une croissance exponentielle en raison du coronavirus. Un équilibre sain entre le travail au bureau et le télétravail a disparu. Les travailleurs perdent systématiquement le contact avec le terrain, leurs collègues leur manquent et ils sont de plus en plus souvent confrontés à des problèmes physiques et mentaux.

Résultat

« La limite entre le travail et la vie privée s'estompe. Les collaborateurs sont enclins à avoir constamment leur ordinateur portable à portée de main. Ils ne peuvent plus se détacher du travail. En cette période de coronavirus, nous constatons une augmentation des symptômes liés au stress et au burn-out », témoigne Lisanne Lapidaire, P&O Business Partner chez Novartis. Les autres participants à la discussion partagent cette expérience et considèrent les difficultés comme des points de départ utiles pour continuer à façonner leur politique future (post-coronavirus). « Notre politique de travail à domicile est que nous n'en avons pas », déclare Rika Coppens, CEO de House of HR. « Nous ne voulons pas exprimer la quantité de travail à domicile en pourcentages et proportions. Nous soutenons que c'est le résultat de l'équipe et du collaborateur qui compte, et pas tellement le lieu et le moment où il est obtenu. Nous confions cet ownership et cette responsabilité à nos collaborateurs. »

« Le leadership et la communication sont des facteurs importants dans la culture de notre organisation », déclare Ellen Claes, HR Manager Centre of Excellence chez SD Worx. « Nous misons sur le travail flexible depuis longtemps déjà. À l'avenir, nous voulons aider nos collaborateurs à organiser de manière optimale leur lieu de travail à domicile », dit-elle. Els Jans, directrice des RH chez l'assureur AXA, décrit l'évolution récente de son organisation. « En 2017, nous avons déménagé notre siège, qui accueille 2 500 personnes, dans le centre de Bruxelles. À l'époque, nous avons instauré deux jours de télétravail structurel. Nous avons pu opérer un grand changement dans notre culture d'entreprise : nous sommes passés d'un assureur très traditionnel à un assureur moderne qui travaille de manière flexible. Nous voulons continuer à développer cette méthode de travail », dit-elle.

Nous constatons le même besoin de renouvellement à l'administration provinciale de Flandre-Occidentale. « Nous comptons environ 750 collaborateurs. Avant le coronavirus, environ 50 d'entre eux avaient recours au télétravail chaque semaine. Aujourd'hui, ils sont 400. À l'avenir, nous voulons utiliser cette impulsion générée par le coronavirus », déclare Karel Eeckhout, directeur des RH.

Management virtuel

Autonomie et confiance sont les mots clés pour réussir les projets futurs en matière de travail hybride. Le maintien de la culture d'entreprise est un défi majeur auquel sont confrontés les représentants de ces entreprises. Ce n'est pas une tâche facile quand tout le monde travaille massivement à la maison. « Chez Mars, nous accordons une grande importance à la culture d'entreprise. La cohésion et la collaboration au sein des équipes en font partie intégrante. Les responsables hiérarchiques jouent un rôle crucial pour continuer à étendre efficacement cette culture dans un contexte numérique », affirme Kathy Heungens, Corporate Affairs Director chez Mars Belgium. « Nous avons dès lors immédiatement entrepris de doter ces chefs d'équipe des bons outils et des bonnes compétences. Un petit exemple, néanmoins très important, est d'accorder suffisamment de temps à un ''check-in'' lors des réunions d'équipe virtuelles afin de prendre des nouvelles de tout le monde au lieu d'embrayer directement sur l'ordre du jour. Il est essentiel de continuer à exécuter numériquement et de planifier résolument les activités qui auraient lieu normalement ''hors ligne''. Bavarder en prenant un café en fait partie. Cela contribue à la culture de la cohésion que nous voulons maintenir. »

Ilse Van Belle, directrice RH chez Fluvius, ajoute : « Quand nous recrutons de nouveaux collaborateurs, nous prévoyons normalement un certain nombre de moments d'accueil "physiques". Aujourd'hui, les membres de la direction accueillent les nouvelles recrues lors d'un appel personnel. Nous avons remplacé notre journée annuelle des familles par une journée de quiz numérique. Ces idées créatives visant à encourager la cohésion sont bien accueillies, mais nos collaborateurs avouent qu'ils aspirent à des rencontres "en vrai" dès qu'elles seront à nouveau possibles. Un stand de hot-dogs, un DJ et un fût, ce serait déjà bien ! (rire) Le numérique ne pourra jamais remplacer le physique, c'est clair. L'équilibre a disparu. Nous voulons cette liberté de choix pour notre personnel à l'avenir. »

Bien-être

L'exercice sur le bien-être du personnel occupe également les services des ressources humaines du pays. « On rapporte de plus en plus de douleurs au niveau du dos et du cou. Des collaborateurs travaillent parfois chez eux dans le canapé, leur ordinateur portable sur les genoux. Ils bougent également trop peu », dit-on avec inquiétude. En plus des outils numériques et, par exemple, d'un second écran pour faciliter la communication à distance, certaines entreprises investissent dans une réduction de groupe pour aider les collaborateurs à acheter un siège ergonomique – généralement onéreux – pour la maison.

Des enquêtes, des programmes de bien-être, des psychologues et des coachs en burn-out sont de plus en plus utilisés pour surveiller la santé mentale des collaborateurs. « Nous avons également certaines directives pour les équipes. N'organisez pas la première réunion à 8 heures du matin et ne vous attendez pas à ce que tout le monde veuille travailler le soir. La direction essaie de donner le bon exemple », déclare-t-on chez Fluvius. Tous les Employeurs Pionniers réorganiseront également le lieu de travail à l'avenir : moins de postes de travail individuels et plus de lieux de travail basés sur l'activité afin de promouvoir la collaboration.

Pour terminer, Rika Coppens de House of HR résume le sentiment général dans le chat virtuel. « Il se peut qu'une entreprise ait une très bonne stratégie de travail. Toutefois, si sa culture n'est plus en phase avec cette stratégie, si sa culture informelle et sa culture formelle ne correspondent plus, elle va avoir un problème. Le contact physique sur le lieu de travail reste nécessaire. Nous avons tous besoin d'un équilibre pour assurer l'efficacité du travail hybride à l'avenir. »

L'heure est venue !

La manière dont nous organisons le travail et la mobilité se trouve à un moment charnière. Il est temps pour les organisations de replacer l'employé au centre de la nouvelle norme et de donner une place de choix au travail hybride.

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